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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 21:14

Au moins cinq lieux ont, successivement, vu l'implantation de la poste à Moûtiers : dans la Grande-Rue, côté nord à l'angle du passage Grenette (plan de Moûtiers de 1841) ; le petit local qui est situé au n° 37 de la rue Cardinale; puis, au cours du XIXe siècle, marquant une première extension de l'activité, le bâtiment le plus proche du pont Maisel, qui abrite aujourd'hui une boulangerie ; en quatrième lieu le bâtiment qui se trouve sur le square de la Liberté, inauguré en septembre 1905; et enfin, à ce jour, le bâtiment situé avenue du 8-Mai-1945, bâtiment qui commença à être utilisé en octobre 1973.
 

Le 20ème siècle voit donc la poste du Pont Maisel vivre son dernier lustre.

La maison du facteur

Et dans son dernier quart, le 20ème siècle sera donc marqué par une nouvelle poste là où il n'y avait que des jardins (1973).

La maison du facteur

C'est donc en 1905 que l'on construit le nouvel hôtel des Postes, Télégraphes et Téléphones. Si les deux premières dénominations renvoyaient à des supports plus anciens, le téléphone était alors une réalité encore nouvelle dans la ville, puisque cela faisait seulement quatre années que le téléphone public y était installé. Au niveau national, c'est en 1889 que l'Etat prend le monopole du téléphone, une loi consacrant alors l'appellation de « ministère des Postes, Télégraphes et Téléphones ».
Le conseil municipal avait été appelé à se prononcer, dès 1902, suite à un courrier du directeur des Postes, Télégraphes et Téléphones du département de la Savoie, sur deux projets : l'un visait à implanter le bureau dans un immeuble du quai de la République appartenant à l'imprimeur Ducloz ; l'autre consistait à construire un hôtel des Postes sur un terrain appelé square Chaboud, situé entre la prison et le poids public. C'est cette seconde solution qui l'emporta largement, les élus semblant soucieux, au delà des simples données techniques, de doter Moûtiers d'un véritable hôtel des Postes.
Le bâtiment commença a être réalisé sur les plans de l'architecte Cuvy pour une somme budgétée de 36000 francs, mais des différends entre l'architecte et la commune firent que le projet lui fut retiré. La commune fit alors appel à l'architecte chambérien Victor Charmot, qui acheva la construction. Charmot, à la demande de la commune, devait faire détruire le perron imaginé par Cuvy, que l'on jugeait trop haut. Le coût final du bâtiment fut de 54981 francs. La volonté d'une architecture ostentatoire se lit dans le perron surmonté d'un balcon, le fronton et les mansardes richement décorés. Petit détail insolite : la façade est traversée par l'inscription « Télégraphes, Postes, Téléphones » et l'on a
placé dans le fronton les armoiries de la ville, qui sont inversées : l'aigle impériale a pris la place des clés ; cette liberté a animé en un siècle bien des discussions, certains Moûtiérains pensant que l'on a là les véritables armoiries de la cité. Ce qui prouve au moins le prestige des bâtiments administratifs !

 

La maison du facteur

Ce qui a motivé cet article, outre un futur lutrin du patrimoine, c'est la découverte de cette rare photographie qui a exactement 110 ans ayant été prise à la fin de l'hiver 1905 alors qu'il restait environ six mois avant l'inauguration. Le bâtiment est achevé mais l'aménagement reste à faire.

La maison du facteur

Nous arrivons donc en septembre 1905. L'inauguration de cet hôtel des communications donna lieu à une grande cérémonie républicaine, d'un coût de 7600 francs pour la commune, à laquelle avait été invité Alexandre Bérard, politicien de l'Ain, qui était alors sous-secrétaire d'Etat aux Postes et Télégraphes. Le ministre déclara : « Vous habitez, messieurs, un pays où la richesse s'étale en des sites merveilleux. Notre première richesse est cette nature si belle et si grandiose, et il faut que tous viennent l'admirer. Notre service de courrier ne sert pas seulement à porter les lettres : il transporte aussi les voyageurs et nous nous prêtons volontiers à cette sorte de contrebande qui contribue au développement économique de notre pays natal, dont les cartes postales propagent la beauté. Elles sont pour vous une ingénieuse réclame et la plus admirable ressource du budget des Postes. »
Tout est dit : un pays que l'on juge maintenant à l'aune de ses paysages, les cartes postales, la force des images, premier document d'appel en matière de promotion touristique, et les promesses de richesses occasionnées par tout cela. Si la première carte postale autorisée fut autrichienne, en 1869, c'est depuis la loi du 20 décembre 1872 que la correspondance « à découvert » avait été autorisée en France, donnant ainsi naissance à la vente des premières cartes postales françaises.
Dans son discours, le député Constantin Empereur n'avait sans doute pas tort de conclure, dans un bel élan lyrique, que « cette journée pourrait bien être l'aurore d'une ère nouvelle ».

 

La maison du facteur

Jours fastes pour Moûtiers et sa région puisqu' au cours de deux journées l'on inaugura les très importants aménagements du torrent Le Morel, l'hôtel des Postes, le nouvel hôpital et les nouveaux thermes de Salins-les-Thermes.

La maison du facteur

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