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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 00:49

A Bonneval, au début du 20ème siècle, chaque village possédait encore son propre alpage délimité par un torrent :
- le Biolley avait le Colomban,
- Villard-Benoît avait Lachat,
- Villard-Soffray avait Gelon,
- Bonneval l’Eglise avait l’Arc.

Cette organisation a disparu lorsqu’il n’y eut plus assez de bêtes dans chaque village. Il fallut se regrouper. C’est la création du fruit commun après la Seconde Guerre mondiale. Le troupeau comptait plus d’une centaine de bêtes.
L’entretien de l’alpage, les creux dans la pente pour que les vaches puissent être traites, la mise en eau de Lachat sont réalisés par les habitants (les corvées).

 

10-juin-1950.jpg

 

Des habitants de Bonneval lors d'une corvée, le 10 juin 1950       

Souvenirs d’alpage d’un bonnevalain âgé de 90 ans, habitant Villard-Benoît autrefois, puis l'Eglise : berger à 16 ans à Lachat (dés 9 ans, certains enfants allaient garder les chèvres ; ils étaient deux pour un troupeau de 80 chèvres). Le travail consistait à les garder et à les traire deux fois par jour, autour du chalet, pendant trois mois (du 11 juin au 17 septembre). Il y avait 10 à 12 cochons nourris par le petit lait. Il y avait d’autres bergers pour s’occuper d’une centaine de vaches.
Seul le fruitier fabriquait les fromages de chèvres et de vaches, c’était le ‘premier de la montagne’. C’est lui qui avait le plus de responsabilités.
Puis venait le premier berger, responsable du troupeau, il le conduisait et soignait les bêtes.
Ensuite le gouverneur chargé de saler, frotter et de retourner les fromages (il préparait également les planches). Le séracier fabriquait le sérac et faisait la cuisine.
Il y avait le berger des génisses (le ‘modger’) et le deuxième berger qui portait le lait dans la bouille. Le pachnier plantait les bâtons (pachons) pour attacher les bêtes avant la traite. Il fallait changer d’endroit tous les deux à trois jours. Le boitier était chargé du transport du bois avec un mulet et de faire les commissions au village.
 

Au moment de la traite, toute l’équipe d’alpagistes participait, sauf le second berger chargé du transport du lait. La nuit, lorsque le troupeau était loin du chalet, les bergers dormaient à côté des vaches, dans une caboche.
 Au milieu de l’été, il y avait la pesée du lait de chacune des vaches pour répartir ensuite l’argent de la vente des fromages. Certains propriétaires ne percevaient aucun argent car leur vache ne produisait pas assez de lait.
A la fin de l’été, les fromages étaient redescendus sur des luges tirées par des mulets ou par des câbles (de Lachat à la Duchère).
L’équipe d’alpagistes, de sept ou huit personnes, était recrutée par deux mandataires, c’est-à-dire deux habitants de la commune (qui changeaient chaque année).
 

Le beaufort fabriqué en alpage n’était pas acheté par les habitants car trop cher. Ces derniers achetaient les rebuts (fromages ratés). L’argent de la vente du beaufort servait à payer les alpagistes. Les propriétaires des vaches ne percevaient pas toujours de l’argent. Ce n’était pas pour gagner de l’argent qu’ils mettaient leurs vaches en alpage mais pour s’en débarrasser provisoirement, pour ne pas avoir à les nourrir  pendant l’été.

 

File3819.jpg

 

A Lachat, le troupeau de Bonneval, le jour de la pesée (années 1960)

 

Pour découvrir le site du musée, cliquez ici

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Published by musee-moutiers - dans Pour préparer la visite
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