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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 01:08

Un texte de l'abbé Marius Hudry a été placé dans la salle religieuse. Ce texte permet de mieux comprendre les caractéristiques du mouvement baroque durant la période qui a suivi le Concile de Trente.

 

L'ARCHITECTURE BAROQUE DE TARENTAISE

«  Conformément au Concile de Trente, la reconquête des âmes va trouver en Tarentaise, son expression dans la peinture et la sculpture. Mais les édifices religieux légués par le Moyen Age n'étaient plus adaptés aux nouveaux principes tridentins. Il était donc impératif de trouver un type d'architecture qui puisse accueillir et mettre en valeur la liturgie rénovée à laquelle participent musique, encens, prédication, peinture, sculpture.
Exécutée de 1568 à 1577 pour les Jésuites de Rome l’église du Gesu va devenir ce modèle pour l'architecture de la Contre Réforme : son plan basilical (sans déambulatoire), la succession de travées accompagnant le fidèle vers le Saint des Saints, sera la règle en Tarentaise pour construire les nouvelles églises ou remodeler celles existantes.
En Tarentaise, les églises paroissiales, dans leur architecture et leur mobilier, présentent une certaine uniformité. La quasi-totalité a été reconstruite aux 17ème et 18ème siècles selon un plan presque identique : église halle, souvent à trois nefs, ne se distinguant des maisons environnantes du village que par les dimensions et l'immense toit en bâtière. Mettons à part cinq édifices, dont quatre sanctuaires de pèlerinage à la Vierge, qui ont un plan centré avec dôme : Villargerel, Notre-Dame-de-la-Vie et Notre-Dame-des-Grâces dans la vallée des Belleville. Notre-Dame-de-Tout-Pouvoir à Bozel et la pittoresque chapelle de Notre-Dame des Vernettes en pleine montagne dans la vallée de Peisey-Nancroix. Ce sont les témoins les plus évidents de l'architecture baroque. Ailleurs, dans les églises paroissiales, les piliers à section cruciforme, les corniches à décrochements faisant le tour intérieur de l'édifice et les balustrades à évolution semi-circulaire des tribunes donnent seulement une certaine atmosphère baroque. Sur la façade, le portail avec son fronton interrompu et son entablement, avertit qu'à l'intérieur le mobilier a été traité selon l'esthétique baroque alpine.
L'impulsion à la reconstruction générale des édifices religieux au 17ème siècle est venue du chef de l'archidiocèse. Au début de ce siècle, un archevêque, originaire du Piémont, vient de Rome où le pape lui avait confié la charge d'établir une concordance entre le droit traditionnel dé l'Eglise élaboré au cours du Moyen Age et celui qui découlait des décrets du Concile de Trente (1545-1563). Anastase Germonio s'empressa, dès son arrivée, d'adapter à son nouveau diocèse les règles tridentines. Dans le synode de 1609, il élabora les constitutions synodales qui, pendant deux siècles, serviront de droit particulier à la Tarentaise. Sur le plan à la fois juridique et pratique, la réforme catholique était donc très bien amorcée dans le diocèse. Germonio n'eut pas le temps d'en suivre l'application à cause des missions que lui confia le duc de Savoie à Madrid comme ambassadeur.
Son successeur, Benoît-Théophile de Chevron-Villette, cousin de François de Sales et formé par lui, engagea hardiment l'œuvre de réforme. Pour les églises il exigea qu'elles fussent agrandies, que le chevet de l'abside soit à fond plat pour y loger un retable-majeur à trois volets et au moins deux étages. Lorsqu'il mourut en 1658, son successeur, François-Amédée Millet de Challes récolta les fruits du travail de ses prédécesseurs et consacra durant son long épiscopat (1660-1703) trente-trois églises reconstruites et dotées de retables baroques. Selon les mêmes normes, cela continua au 18ème siècle tout au moins dans la première moitié.
Les ordres, parfois sévères des archevêques, trouvèrent des exécutants dociles : les communautés paroissiales. Le curé, rappelant les prescriptions du chef du diocèse et les règles canoniques, n'avait qu'un rôle de conseiller nécessaire. Les procureurs des œuvres pies, nommés soit par le conseil de communauté, soit par l'assemblée des communiers, prenaient les engagements : choix du maître maçon et du sculpteur, recherche du financement, règlement de la facture, organisation des corvées. Tout cela était consigné dans le "prix fait". »

Marius HUDRY

 

RIMG0077

 

Notre Dame de la Vie - Saint Martin de Belleville

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Published by musee-moutiers - dans Pour préparer la visite
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