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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 23:53

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La compagnie des sapeurs-pompiers de la Ville de Moûtiers a été officiellement créée par un arrêté préfectoral du 11 mars 1863.  Quelques mois plus tard, le maire de Moûtiers (A. Gonthier) promulguait, après délibération de son Conseil, un règlement qui recevait l’assentiment du Commandant du Corps des sapeurs-pompiers de Moûtiers, le capitaine Victor Rubin.
La lecture des articles de ce règlement (imprimé en 1864) nous apprend de nombreuses choses sur les pompiers d’autrefois, en particulier la discipline très stricte qui devait régner dans ce Corps.

Article Premier

Nul ne pourra être admis dans la Compagnie, s’il ne jouit d’une réputation intacte de probité et de bonne conduite attestée par un certificat délivré par le Maire. Le recrutement se fera exclusivement parmi les citoyens domiciliés dans la ville, âgés de vingt et un à cinquante-cinq ans, et de préférence parmi ceux qui exercent des professions relatives à la construction ou à l’entretien des bâtiments. (…)
 

 

Article cinquième
 

 

La compagnie est organisée militairement.
L’uniforme est celui des Sapeurs-Pompiers de Paris.
Il est fourni par la ville, sauf le pantalon qui reste à la charge du Sapeur-Pompier.
Le ceinturon, la giberne, le fourreau de baïonnette et les engins d’incendie, tels que ceintures, haches et cordages de sauvetage sont également fournis par la ville. (...)

Article treizième

Les devoirs des sapeurs-pompiers consistent :
1° A prévenir et à éteindre les incendies et à sauver les personnes et les objets que renferment les bâtiments incendiés ou menacés par l’incendie ;
2° A maintenir l’ordre dans la commune, s’il était troublé par une cause quelconque ;
3° A assister l’Autorité municipale, toutes les fois qu’elle en aura besoin pour des cérémonies ou des services publics. (…)

Article vingt-cinquième

    Le commandement doit être fait avec urbanité, et les chefs doivent toujours se renfermer dans le cercle de leur service.
Les Sapeurs-Pompiers doivent, de leur côté, être respectueux vis-à-vis de leurs chefs et obéir avec docilité et empressement aux ordres qui leur sont donnés.

Article trente-sixième

Seront passible de l’amende simple.
1° ceux qui, à moins de cause légitime, c’est-à-dire, de maladie constatée ou d’absence de la commune justifiée, ne se seront pas rendus sur les lieux des incendies dans la tenue prescrite et munis de leurs engins, et ceux qui n’auront pas répondu à l’appel qui sera fait avant de quitter les lieux.
2° ceux qui, à moins d’autorisation, manqueront aux réunions convoquées officiellement, ou y arriveraient après l’heure fixée.
Ceux qui manqueront aux réunions fixées pour le premier dimanche de chaque mois (manœuvres).
Ceux qui ne se rendront pas à la manœuvre de la pompe dans la tenue prescrite.
3° ceux qui enfreindraient les règlements du service par désobéissance ou insubordination.
4° ceux qui se trouveraient en état d’ivresse sous les armes ou dans toute autre réunion de la Compagnie. (…)

Dispositions particulières en cas d’incendie (1863)

1° A la première nouvelle d’un incendie, les tambours de la Compagnie battront le rappel dans les quartiers de la ville.
Ils ne pourront battre la générale que sur le commandement de M. le Maire, de son Adjoint, ou d’un officier de la Compagnie.
 2° Aucune pompe ne pourra sortir du hangar, si elle n’est commandée par un officier ou un sous-officier, ayant à sa disposition le nombre d’hommes suffisant pour la manœuvrer.
Avant de partir, cet officier ou ce sous-officier dépêchera un homme pour prévenir le Commandant de la compagnie ; il nommera un planton chargé de noter les engins qui sortiront du hangar, qui y restera en surveillance, et tiendra le réverbère continuellement allumé, si c’est pendant la nuit.
3° les chefs de section des sapeurs et des écheliers ne devront jamais permettre que des personnes étrangères à la Compagnie pénètrent avec eux dans les appartements, ou montent sur les toits.
 4° Après chaque incendie, les chefs de sections devront faire au Commandant de Compagnie le rapport des engins, agrès qui auraient été perdus ou gâtés, afin que celui-ci puisse obtenir de M. le Maire leur remplacement ou leur réparation.
Ils feront également rapport des hommes sous leurs ordres qui se seraient distingués, ou qui auraient reçu des blessures en travaillant.

Le capitaine : Victor Rubin.


La compagnie des sapeurs-pompiers de la Ville de Moûtiers, en 1863, comprenait : trois officiers, 21 sous-officiers et caporaux, 56 hommes dont quatre tambours qui donnaient l’alarme dans toute la ville afin de battre le rappel.
La compagnie était divisée en quatre sections : celle des sapeurs qui attaquent le feu, celle des écheliers chargés du sauvetage. Divisée en plusieurs escouades, la troisième section est celle des pompiers, les préposés aux pompes à bras ; Moûtiers en possédait trois dont l’une répondait au nom rassurant de ‘consolante’. Enfin la quatrième section est composée des transporteurs, chargés du chariot avec le matériel.

 

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Le 11 mars 2013, les pompiers moûtiérains auront donc, officiellement, 150 ans !

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Published by musee-moutiers - dans Pour préparer la visite
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