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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 09:37

Le Musée des Traditions Populaires de Moûtiers présente dans sa salle religieuse quelques vêtements de valeur. C'est l'occasion d'apporter quelques précisions sur un domaine aujourd'hui peu connu.

 

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Durant les trois premiers siècles de l’Eglise, les évêques, prêtres et diacres ne portèrent point de vêtements spéciaux pour le culte. Ils portaient les mêmes vêtements que leurs contemporains de l’empire romain. Tout au plus, certains textes recommandent-ils des vêtements propres, en fonction de l’importance de ces rassemblements liturgiques.
Puis la mode profane changea et, hommes et femmes portèrent d’autres vêtements. Cependant, les ecclésiastiques prirent l’habitude de garder, pour les célébrations, les vêtements anciens qui devinrent donc des vêtements spécialement utilisés pour le culte, des vêtements liturgiques.
L’exemple de la chasuble montre bien cette évolution. C’était, chez les romains, un vêtement porté par tout le monde : une robe de dessus, large, ronde, descendant jusqu’aux pieds et couvrant les bras. Les latins l’appelaient ‘casula’. Au huitième siècle, la mode lui substitua, comme vêtement de dessus, le vêtement appelé ‘sagis’. Seuls les prêtres et les diacres conservèrent l’usage de porter la chasuble. Ils la portaient aussi bien à l’extérieur des églises que pour le culte. Au dixième siècle, elle ne fut plus en usage que dans les églises pour les célébrations.
On voit donc comment un vêtement commun est devenu un vêtement réservé aux ecclésiastiques et, enfin, uniquement porté dans l’église pour le culte.

Les principaux vêtements ecclésiastiques utilisés pour le culte sont :
- l’aube
- l’étole
- la chasuble
- la chape
- la dalmatique

L’aube

Son nom dérive du terme qui, en latin, désigne la couleur blanche. Longue tunique à manche, faite, traditionnellement, en toile de lin, elle était l’habituel vêtement de dessous chez les romains.
L’aube est portée sous l’étole, la chasuble, la chape ou la dalmatique.
Les textes liturgiques disent qu’elle doit symboliser la pureté du cœur ; elle rappelle le vêtement blanc du baptême.

La chasuble


Elle est portée par l’évêque ou le prêtre lors de la célébration eucharistique. Robe de dessus chez les romains, elle est réservée aux ecclésiastiques, pour la célébration eucharistique, depuis le dixième siècle.
Généralement l’avant de la chasuble est orné d’une ‘bande-colonne’, et l’arrière, d’une croix.
La forme a varié avec le temps : aujourd’hui la chasuble a retrouvé sa forme et son ampleur primitives. Mais, pendant très longtemps, fut utilisée la chasuble dite ‘boîte à violon’, à cause de la forme qu’avait prise l’avant de celle-ci. La plupart des chasubles présentées dans cette exposition ont cette forme.


La chape
   
Autrefois la chape était un manteau. Son étymologie est la même que celle de la cape. On l’appelle aussi ‘pluvial’, du nom du vêtement qui fut d’abord un vêtement pour se protéger contre la pluie.
Elle comportait autrefois un capuchon qui, avec le temps se transforma et devint un chaperon, pièce ornementale fixée au dos de la chape.
La chape est un vêtement de cérémonie. Elle est portée aux offices solennels, en dehors de la messe.

La dalmatique
   
Ce vêtement, comme son nom l’indique, est originaire de Dalmatie. Son usage était assez répandu dans l’empire romain. Elle se portait sur la tunique de lin et sous le vêtement de dessus.
Vers le cinquième siècle, la dalmatique est devenue le vêtement propre au diacre. Les manches de cette tunique sont fendues en forme d’ailerons.
Lorsque l’on confectionnait un ensemble de vêtements liturgiques, la dalmatique avait la même ornementation que la chasuble qu’elle accompagnait.

L’étole

Du latin ‘stola’, l’étole était un vêtement de dessus. Elle est devenue l’insigne vestimentaire de ceux qui ont reçu le sacrement de l’ordre. Elle est de la même couleur que la chasuble, la dalmatique ou la chape avec laquelle elle est portée. Evêques et prêtres la passent derrière le cou, les deux bandes pendant parallèlement sur le devant ou étant croisées. Le diacre porte l’étole en bandoulière à partir de l’épaule gauche.

 

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Les couleurs liturgiques


Les hommes ont vu, dans les couleurs, des symboles. Ceux-ci peuvent varier d’une région à l’autre : le noir est symbole de deuil en occident alors que c’est le blanc en Orient.
La liturgie utilise essentiellement cinq couleurs. Leur usage a vraiment commencé à être fixé d’une manière générale vers le douzième siècle.

Le blanc est utilisé à Noël et durant le temps pascal. On l’utilise aussi pour les fêtes de la Vierge Marie, des pasteurs, des docteurs de l’Eglise et des saints et des saintes qui ne sont pas martyrs.
Le blanc évoque la pureté et l’éclat de tout ce qui touche à Dieu .

Le noir est, en Occident, la couleur du deuil. La liturgie actuelle utilise le violet pour la célébration des morts.

Le rouge est la couleur liturgique qui évoque le sang et le feu. Elle est utilisée pour le jour des Rameaux, le Vendredi-saint, le jour de la Pentecôte, aux fêtes des apôtres et évangélistes et aux fêtes des saints martyrs.

Le vert est la couleur des ‘temps ordinaires’. elle évoque l’idée de croissance. Le verbe ‘vivere’, en latin, signifie ‘être vert, florissant’.

Le violet est la couleur des temps de pénitence (Avent et Carême). On l’utilise aussi pour les offices des défunts.

 

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Quelques dates concernant l’usage des différentes étoffes

- la soie est employée en Occident, pour la liturgie, dés le huitième siècle,
- les satins apparaissent au dixième siècle,
- les damas se répandent au treizième siècle,

- les velours sont utilisés dés le quatorzième et surtout au quinzième siècle.

Le drap d’or

C’est la matière la plus riche pour les ornements. Il supplée le blanc, le rouge et le vert dans les offices solennels.
Le drap d’or fin est le plus riche ; il est fabriqué avec un fil d’argent doré.
Il existait aussi un drap d’or ‘mi-fin’ : constitué d’un fil de cuivre doré, il était moins onéreux mais avait le désavantage de noircir avec le temps.

L’histoire de la Soie

L’histoire de la soie, matière noble et précieuse, nous emmène dans un passé de plusieurs milliers d’années. Selon la légende, l’impératrice Hsi-Ling-Shi, prenant le thé à l’ombre d’un mûrier, aurait vu un cocon s’en détacher et tomber dans sa tasse. Elle déroula le fil qui s’en libérait … La soie naissait en Chine, près de 3000 ans avant notre ère. Jalousement gardé, le secret parvint pourtant à franchir les mers dés le troisième siècle avant Jésus-Christ. En France, la soie apparaît au Moyen-Age. Mais ce n’est qu’en 1466 que Louis XI décide d’établir l’industrie de la soie dans tout le royaume.

En 1531, en vertu d’un privilège accordé par François Ier, Lyon devient le seul entrepôt général de soie autorisé. La corporation des ouvriers ‘en draps d’or, d’argent et de soye’ naît en 1540.
Jusqu’à la Révolution, la soierie lyonnaise connaît des progrès techniques considérables, et s’impose par la qualité de sa main-d’œuvre et le renouvellement constant de ses motifs. La Révolution survient, qui anéantie la Grande Fabrique. Le Premier Consul Bonaparte réhabilite la soie, et son industrie connaît un regain d’activité. Bientôt les départements de l’Isère, de l’Ardèche et de la Loire travaillent pour Lyon.
Mais en 1855, la pébrine, maladie du ver à soie, décime les élevages français. Lorsque Pasteur met au point le procédé qui permettra de lutter contre la maladie, il est déjà trop tard et les soyeux lyonnais doivent importer la matière première d’Asie Mineure, de Chine, d’Inde et du Japon. Jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, Lyon sera la capitale du marché mondial de la soie. La découverte de nouvelles matières textiles, proches de la soie, n’entame pas la réputation de la production lyonnaise.
Aujourd’hui la région Rhône-Alpes compte encore de nombreuses fabriques de soie, du moulinage au tissage, de l’impression à la teinture ; et Lyon demeure un pôle d’excellence qui attire les créateurs français et étrangers. La soierie lyonnaise se distingue par les façonnés qui ont fait son renom, mais aussi par ses tissus imprimés ou peints.
 

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Damas

On appelait autrefois ‘damas’ un drap de soie à ramages, dont les dessins, ton sur ton, étaient satinés, tandis que le fond, en léger relief, était travaillé à la façon des taffetas.
Aujourd’hui, on entend par ‘damas de soie’ un façonné à la chaîne et à trame de même couleur, mais dont l’enchevêtrement en armures différentes constitue le dessin ; et par ‘damas de laine’ une étoffe à chaîne et à trame en laine simple, avec de grands ramages, tissée en écru, en fils rectilignes, et teinte après tissage.
 

 

Velours

Etoffe rase d’un côté et couverte de l’autre de poils dressés, très serrés, maintenus par les fils du tissu.
Le velours est de fabrication très ancienne. Les romains le connaissaient et, au moyen-âge, ce tissu constituait une étoffe de grand luxe. C’est en 1636 que sa fabrication fut introduite à Lyon ; elle dura jusqu’à la Révocation de l’Edit de Nantes qui répandit cette industrie en Allemagne et en Hollande.

 

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